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Vaut mieux en rire!

Avant de couper des centaines de millions dans les services, est-ce qu’on peut avoir les services ? - Michel Beaudry

11 novembre, 2008

Coup de gueule

Tout est « spectacle » : la culture, les médias, la politique.

On peut toujours comprendre que le « spectacle » soit un véhicule approprié pour transmettre certaines valeurs culturelles. Par contre, il est inadmissible que le « spectacle » soit aussi le véhicule privilégié des médias et des politiciens. Le rôle des médias est d’informer et celui des politiciens est de veiller au bon fonctionnement de la société.
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Publié le 10 novembre 2008 à 10h18 Mis à jour le 10 novembre 2008 à 10h19
Portrait du vide
René Villemure

L'individualisme des politiciens triomphe.

Plus personne, ou presque, ne croit que changer la vie des autres est important pour soi.Les bonnes et souvent dérisoires intentions des partis politiques nous distraient des grandes menaces, des grands enjeux de société, bien réels.

À les écouter, il semble que les politiciens n'ont plus de projets, ils n'ont que des postures, des slogans, des clips.

Il semble, d'ailleurs, que ces slogans tiennent trop souvent la place des idées.

En conséquence, de nos jours, il vaut mieux être télégénique qu'intelligent.

À preuve, il semble que la plupart des politiciens soient plus soucieux de « ce que les autres diront de ce qu'ils ont dit » que de ce qu'ils auront réellement dit. Le message ne vise plus le destinataire d'origine, mais bien le messager, qui en devient le destinataire par défaut.

C'est aussi à croire que nos politiciens recherchent l'effet sans la cause. Peu importe, ils n'en sont pas une contradiction près...

Si les dernières années ont une quelconque valeur indicative, il semble que tout ce que désirent nos politiciens soit d'être élus, puis, de se maintenir, même en déclenchant un appel aux urnes précipité... C'est tout.

Aucun des partis en présence dans la présente campagne n'est à l'origine de grands débats d'idées tels la dignité de la vie humaine; les impacts de la technologie sur nos vies; la justice, le bien-être collectif et la protection du Bien commun. Tout ce qu'on entend c'est l'habituel discours vide de sens sur les « grandes valeurs québécoises » et sur quelques autres lieux communs. Des idées? Aucune n'est au rendez-vous.

De plus, on le voit actuellement et on l'a vu tout au long des précédentes campagnes : les politiciens n'expriment leurs idées que lorsqu'ils y sont forcés.

En conséquence, nous sommes devant un triste fait : aucun des chefs de partis n'ose nous faire rêver.

« Peut-on vivre autrement? » devrait être un enjeu électoral.

Au lieu de cette grande question et de ses possibles réponses, il n'y a que du vide.

Le vide, c'est :

? Aucun débat;

? Aucune proposition concrète, ou si peu;

? Aucune réflexion, à moins d'y être forcé;

? Aucune action d'éclat, si ce n'est que de se débattre pour mieux s'éloigner des enjeux importants;

? Et puisqu'il faut bien le dire : Aucun mea culpa.

Et puis, du côté du citoyen on dirait que celui-ci est prêt à abandonner, s'attendant de toute manière à l'être.

Afin d'invertir cette tangente pathogène, que pouvons-nous offrir comme piste de réflexion à nos politiciens?

Au niveau philosophique, quelle devrait la fonction d'un parti politique?

Au niveau pratique, quels devraient être les enjeux d'une campagne électorale?

De manière concise, mais sans vouloir s'y limiter, nous croyons que la réponse à ces questions devrait s'articuler en tenant compte de l'idée de : « Provoquer le désir de se rassembler autour d'une histoire, d'un art de vivre, d'une culture ».

Ce qui suppose, il faut bien l'admettre, une certaine réflexion qui va bien au-delà de l'habituel opportunisme et des pensées qui s'énoncent en clips de 10 secondes.

Il faut susciter la passion de connaître, puis cultiver l'étonnement.

En exerçant notre droit de vote, il ne s'agit pas de nous réfugier dans notre passé, mais plutôt d'inventer l'avenir qu'il exige de nous.

Ce qui constitue, il faut en convenir, une tâche éminemment plus philosophique que le piètre spectacle qui nous est offert quotidiennement par notre classe politique.

L'auteur est éthicien et Président-Fondateur de l'Institut québécois d'éthique appliquée

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