Chaque Québécois doit 67 700 $

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16 décembre, 2017

La réflexion du jour

Bref, bien des choix s’offrent à ceux qui disent non aux baisses d’impôts. Aussi, et c’est là une bonne nouvelle, le gouvernement ne réglemente pas le don de charité maximum. Donc, une fois les impôts perçus sur nos chèques de paye, on peut donner autant de ce qui nous reste à toutes sortes d’organismes de notre choix. En plus, quand il s’agit de dons privés, c’est le donateur, et non pas le gouvernement, qui choisit où s’en va l’argent et qui sont les gens à aider en priorité. Fantastique, non?--- Jasmin Guénette

15 décembre, 2017

Why are women paid less than men?

The Economist

Enfin, une analyse objective sur la différence de revenu entre les femmes et les hommes.



The gender pay gap is not caused by women earning less than men for the same job. It is largely because women choose different careers and suffer a “motherhood penalty”’. Click here to subscribe to The Economist on YouTube: http://econ.st/2Bnu9E9 Women who work full-time, still earn 15% less than men. But that's not because they are paid less for the same jobs. It's because they're in different jobs. Women are in less senior jobs. In Britain, France and Germany, 80-90% of executive jobs are held by men. Women also tend to choose different occupations. In America over 80% of teachers, nurses, secretaries, and health workers are female and these jobs tend to be lower paid. Primary school teachers in the West earn nearly 20% less than the average graduate job. Nurses earn less than police officers. Cleaners less than caretakers. Women are as ambitious as men. They earn the majority of university degrees. In America, they now ask for promotions as often as men. But it's the price women pay for motherhood that holds them back. In Britain, 70% of mothers reduced their working hours or switched to a less demanding job compared with 11% of fathers. In Australia it's 56% of mothers and 19% of fathers, while in France 55% of mothers scaled back compared to 13% of fathers. When an American women goes back to work her salary is on average lower than it would have been if she hadn't had a child. The race for gender equality is far from over. As more children choose non-traditional careers and men do more childcare, fewer working women will be held back.

La réflexion du jour

Ainsi, depuis 2010, la hausse de deux points de la TVQ, jumelée aux diverses autres hausses de taxes, fait en sorte que l'État prélève, chaque année, environ 4,0 milliards de plus dans les poches des Québécois. Le cadeau du gouvernement Couillard, certes électoral, reste deux fois moindre que cette somme.--- Francis Vailles

14 décembre, 2017

La réflexion du jour

Qu’il soit question de commerce interprovincial ou de compétitivité dans des secteurs très importants pour le Canada, notre obésité réglementaire nous fait mal. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas de règles, mais bien qu’il faut être conscient des coûts engendrés lorsque vient le temps de réviser les règlements en vigueur ou d’en mettre en place de nouveaux. --- Mathieu Bédard

13 décembre, 2017

Pourquoi le libéralisme n’est pas la défense du grand capital

Un malentendu, hélas fort répandu, assimile le libéralisme à une politique en faveur des grandes entreprises, en particulier celles du CAC 40. À tort. Quatrième partie de la série « Ce que le libéralisme n’est pas ».

Il est courant, depuis déjà longtemps, de considérer le libéralisme comme le danger suprême. On en fait un épouvantail bien commode pour exorciser toutes les peurs, les craintes liées au monde en particulier économique. Il est le coupable idéal face à des situations que l’on ne maîtrise pas ou plus, à toutes les erreurs qui peuvent être commises, dans tous les domaines.
C’est ainsi que, tentant de le diaboliser, certains tentent de l’apparenter au « grand capital », et tout ce que l’on peut trouver de péjoratif derrière cette expression, symbolisé par « le patronat » (sous-entendu des plus grandes entreprises, en particulier du CAC 40).
Or, non seulement le libéralisme n’a pas pour objet de défendre particulièrement ces grandes entreprises, plutôt un capitalisme de type entrepreneurial, contre toutes les caricatures, mais il condamne, de surcroît, les interventions et collusions intempestives qui visent à protéger certaines rentes au détriment du bien commun. À l’image de ce que David Spector met en avant dans son ouvrage La Gauche, la Droite et le marché  lorsqu’il montre qu’il existe
jusqu’à la caricature, une convergence entre un antilibéralisme de droite, mû par la défense ponctuelle d’intérêts bien compris, et un antilibéralisme de gauche rétif au marché par principe.

NE PAS CONFONDRE CAPITALISME ET LIBÉRALISME

Le capitalisme peut revêtir différentes formes et n’est pas toujours libéral, loin s’en faut.
Le capitalisme est un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production et l’accumulation du capital, permettant de créer des outils de production, des biens de consommation et de la croissance.
Le libéralisme, quant à lui, est (définition reprise de Wikiberal)
un ensemble de courants de philosophie politique visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l’autorité du souverain (que ce souverain soit un monarque ou le peuple).
L’un peut ne pas être conforme à l’autre. Et c’est ainsi que lorsqu’on évoque une crise du capitalisme, elle peut être due à un excès d’intervention de l’État plus qu’à des effets présupposés d’un libéralisme généralement mal défini et aux contours très flous.
Selon Gérard Dréan, dans son article de référence sur « Qu’est-ce que le libéralisme ? » :
Ce que les libéraux refusent aussi, c’est le constructivisme : l’idée selon laquelle il serait légitime pour certains hommes investis d’un pouvoir particulier d’imposer des règles sociales qu’ils auraient préalablement définies par le raisonnement. Pour un libéral, tout acte social, quelque élémentaire qu’il soit, doit être soumis aux autres membres de la société, qui peuvent individuellement s’y associer ou le refuser. Les structures sociales ne peuvent légitimement résulter que d’un « ordre spontané » où toutes les initiatives sont possibles, mais doivent être validées en permanence par les libres actions de l’ensemble des individus qui forment la société (…) L’essence même du libéralisme étant de contester le pouvoir de l’État, les libéraux authentiques ne cherchent pas à exercer ce pouvoir. C’est pourquoi ils sont si peu nombreux parmi les politiques. Quelques-uns ont tenté d’accéder au pouvoir dans le but de le détruire de l’intérieur, mais ils s’y sont trop souvent laissés engluer. A contrario, les antilibéraux de tous bords sont souvent des aspirants dictateurs, convaincus qu’ils sont que l’action libre des êtres humains conduirait à la catastrophe et que la société doit être fermement gouvernée, par eux-mêmes et leurs amis bien entendu (…) Or il est impossible de condamner le libéralisme sans condamner en même temps le principe d’égale liberté dont il est l’expression. C’est pourquoi tant de gens qui aspirent à gouverner le monde s’évertuent à en fabriquer d’odieuses caricatures qui n’ont guère de commun avec lui que le nom et ne signifient que leur propre ignorance.

LE CAPITALISME DE CONNIVENCE

Charles Gave, dans un article intitulé « Capitalisme de connivence et libéralisme » évoque Éric Zemmour, dont on sait à quel point il exècre le libéralisme  (à l’instar d’une Natacha Polony qui en fait également sa cible favorite, en dressant à l’occasion un tableau caricatural qui n’a rien à voir avec ce qu’elle entend dénoncer avec hargne).
En ajoutant qu’Éric Zemmour confond fâcheusement sa cible (le libéralisme) avec le capitalisme de connivence, qui lui est justement on ne peut plus étranger. Et c’est là tout le problème.
À l’inverse de ce que recherche le libéralisme, le capitalisme de connivence est :
Un système de défense et de création de rentes appuyé sur la capture de l’État par ceux qui bénéficient ou bénéficieront de ces rentes. Dans la rente, on gagne de l’argent parce que l’on a capturé l’État, tandis que le profit est la contrepartie d’un risque pris. Une rente ne disparait jamais, un profit peut s’évaporer du jour au lendemain. Le profit est légitime, la rente ne l’est pas.
Or, le libéralisme est, par nature, opposé aux immixtions intempestives de l’État dans le fonctionnement de la société, cantonnant celui-ci essentiellement aux fonctions régaliennes.
Il n’y a donc pas plus opposés que les libéraux à cette collusion, qui va à l’encontre de l’esprit d’entreprise tel qu’ils le défendent depuis toujours. Et c’est donc un bien mauvais procès qui est fait à une philosophie dont l’esprit est tout à fait contraire à ce que trop de contempteurs croient y voir.
Bien à l’inverse, les libéraux défendent une concurrence saine et non dévoyée par de quelconques mécanismes qui viennent en fausser la validité.
Jean-Marc Daniel, dans son ouvrage L’État de connivence, déplorant le népotisme et le conservatisme rentier du capitalisme de connivence, accuse des interventions telles que la « politique des champions nationaux » de venir fausser le libre-jeu du capitalisme de concurrence et d’engendrer ainsi un système pernicieux où un certain protectionnisme est défendu « en prétendant aider la partie la plus pauvre de la population dont il sauvegarderait les emplois tout en passant sous silence les prix élevés et les pertes de pouvoir d’achat subséquentes liés au refus de la concurrence internationale. »
Au prix d’une alliance étrange entre « conservateurs politiques, patronat bien en cour (…) et survivance de l’ancienne extrême gauche marxisante qui ne supportent pas ce que peut représenter l’économie de marché en termes de modes de reconnaissance des compétences»

LA MÉCANIQUE PERVERSE DU SYSTÈME

La mécanique perverse du système, le clientélisme sous couvert toujours d’un « intérêt général » aux contours mal définis, un syndicalisme trop souvent complaisant et, par certains côtés complice de ce grand patronat qu’il entend dénoncer, sont autant de facteurs qui dévoient le système et l’éloignent justement complètement de ce qu’entend promouvoir le libéralisme, à savoir une véritable liberté d’entreprendre, de créer, d’innover, de jouer le libre-jeu de la concurrence, sans que des intérêts corporatistes, politiques, protectionnistes ou autres viennent interférer avec cette liberté et la restreindre.
David Descôteaux, dans un article intitulé « Le capitalisme de connivence, voilà l’ennemi », affirme ainsi que :
Nous vivons à l’ère du capitalisme de copinage (crony capitalism).
Celui où on privatise les profits des banques, tout en refilant les pertes aux contribuables. Celui où les grosses entreprises dépensent des millions en lobbyistes pour acheter les politiciens. Et pour faire jouer les règles en leur faveur (comme ériger des barrières aux produits concurrents étrangers, ou se partager des contrats gouvernementaux à prix gonflés…). Celui où syndicats, bureaucratie et autres groupes d’intérêt échangent des votes contre des privilèges et des subventions à la pelle.
C’est la capture de l’État par les groupes d’intérêt — qu’ils soient de droite ou de gauche. Et qui se foutent bien qu’on endette à mort la prochaine génération.

LE LIBÉRALISME CONTRE LES SUBVENTIONS AUX GRANDES ENTREPRISES

Les subventions aux entreprises sont accusées par les libéraux d’être l’un des pires maux en matière de dépenses publiques et de faire perdre de nombreux emplois à la société.
Eddie Willers, dans un article à l’esprit très proche du présent article, intitulé « Idée reçue : le libéralisme défend les grandes entreprises » écrit ceci :
Loin d’être le défenseur des grandes entreprises et même de l’entreprise en général, le libéralisme permet surtout à de nouveaux acteurs aux business-models originaux et disruptifs de tailler des croupières aux grands groupes.
Les grands groupes sont bien souvent les entreprises qui reçoivent le plus de subventions. À titre d’exemple les TPE-PME représentent 90% des bénéficiaires du crédit impôt recherche en nombre mais 20% en volume de créances (Le Monde). Or une subvention revient à taxer davantage Pierre pour reverser cette somme à Paul selon les préférences des hommes politiques du moment. C’est donc une atteinte à la propriété privée et au droit naturel de Pierre.
Une subvention n’est donc absolument pas un principe libéral. Pourtant, le MEDEF est le premier organe à réclamer des subventions à l’export, pour la recherche, pour le « Made In France » et que sais-je encore. Nous sommes donc bien loin d’un « libéralisme débridé ».
Les libéraux adhèrent d’ailleurs, ajoute-t-il à juste titre, aux principes de la destruction créatriceet défendent ainsi complètement la libre-entreprise, sans chercher à en fausser l’esprit. Et sans, non plus, défendre coûte que coûte l’entreprise quelle qu’elle soit, l’individu étant au centre de ses raisonnements et le libre-contrat le moyen de mettre en accord leurs intérêts communs.

LE LIBÉRALISME, AU SERVICE DE TOUS

Au final, rien ne permet d’affirmer, si ce n’est l’ignorance ou la mauvaise foi, que le libéralisme serait assimilable à la défense des grandes entreprises, ni même des entreprises quelles qu’elles soient par un a priori surgi de nulle part, si ce n’est des visions fantasmées de certains.
On peut même estimer que, bien loin de vouloir privilégier telle ou telle entité, le libéralisme demeure au service exclusif de l’individu et de sa liberté, loin de tout privilège indu. Et en ne défendant aucune position acquise. Ainsi peut-on affirmer avec Thierry Falissard, dans son opuscule Faut-il avoir peur de la liberté ? :
Le capitalisme de libre concurrence n’aboutit à aucune position définitivement acquise, car tout avantage peut être remis en question. Le plus compétent, c’est-à-dire celui qui apporte le plus aux autres, y a toutes ses chances. Entraver la concurrence est davantage dans l’intérêt du « fort » que du « faible » : « Les gens qui combattent pour la libre entreprise et la libre concurrence ne défendent pas les intérêts de ceux qui sont riches aujourd’hui, ils réclament les mains libres pour les inconnus qui seront les entrepreneurs de demain et dont l’esprit inventif rendra la vie des générations à venir plus agréable. » (Ludwig von Mises, « L’action Humaine », 1949).

La réflexion du jour

Une langue qui s’impose, c’est celle d’un peuple fort. En ce sens, le Québec devrait viser rien de moins que d’être plus scolarisé que la moyenne canadienne. Un peuple éduqué, prospère, gagnant aura plus de facilité à convaincre les nouveaux arrivants à adopter sa langue.--- Mario Dumont

12 décembre, 2017

La réflexion du jour

Toute réduction d'impôt ne peut logiquement qu'affecter ceux qui en paient, surtout ceux qui en paient beaucoup, et non ceux qui n'en paient pratiquement pas.--- Michel Kelly-Gagnon

11 décembre, 2017

La réflexion du jour

Toutes ces manœuvres visant à réparer ce qui n’est pas brisé sont accomplies avec notre argent. Le président de Bonjour-santé y a vu à juste titre une « expropriation » de son marché par l’État.--- Patrick Déry

09 décembre, 2017

La réflexion du jour

Il serait temps de remettre en question nos façons de faire, par exemple en diminuant la bureaucratie, en augmentant la concurrence et en donnant une plus grande liberté de choix aux parents.--- Germain Belzile

08 décembre, 2017

La réflexion du jour

Décidément, quand vient le temps d’aller en chercher un peu plus dans vos poches, les politiciens ne manquent pas d’idées. En Europe, une politicienne a suggéré, l’an dernier, de « taxer les robots ». La logique est la suivante : si les robots remplacent de plus en plus de travailleurs dans l’avenir, il faudra imposer le travail de ces robots un peu comme on impose le salaire des travailleurs, afin de ne pas diminuer les recettes de l’État.--- David Descôteaux

07 décembre, 2017

La réflexion du jour

En fait, personne ne sait vraiment ce que mijotent, du lundi au vendredi..., les milliers de supposés «organismes communautaires» pendant que la majorité silencieuse travaille à payer son dû à l’État. Ça devrait intéresser la Vérificatrice générale. Peut-être se rendrait-elle compte que le ministère de l’Emploi et de la solidarité sociale, le guichet central du BS, ne sait pas, lui non plus, ce qu’il advient de ses millions.--- Michel Hébert

06 décembre, 2017

« La Gauche, la Droite et le marché » de David Spector

Pourquoi la Gauche et la Droite ont un problème avec le marché, en France. Un ouvrage passionnant qui permet de mieux comprendre les origines d’un état d’esprit français bien spécifique.

À travers cet ouvrage, David Spector, chercheur au CNRS et spécialiste des questions de concurrence, dresse un panorama éloquent des clichés à l’égard du marché, notamment en France, où il existe une réticence spécifique à l’égard de la concurrence et des mécanismes du marché.
Citations de politiques à l’appui, il montre qu’il existe aussi « jusqu’à la caricature, une convergence entre un antilibéralisme de droite, mû par la défense ponctuelle d’intérêts bien compris, et un antilibéralisme de gauche rétif au marché par principe ».
Qu’il s’agisse de politiques « égalitaires », comme dans le cas de l’encadrement des loyers par exemple, « neutres » comme dans celui du couplage des aides en matière agricole ou du refus du péage urbain, ou « inégalitaires » à l’image de l’opposition à la réforme des notaires, des lois Uber et Amazon, ou encore de la loi Galland sur les relations commerciales dans la grande distribution, entre autres exemples, ce qui semble motiver davantage les politiques qu’une recherche même de l’égalité par la gauche, est le caractère antilibéral de ces décisions, mues par de fortes réticences à l’égard du marché, plus qu’à toute autre considération.
Si l’hostilité au marché existe aussi dans d’autres pays ou y a pris des formes évidentes à certaines époques, l’auteur montre que le cas français se distingue par un caractère dogmatique particulièrement prononcé, allant au-delà des seules positions égalitaristes ou étatistes. Là où les pays voisins peuvent, eux aussi, défendre des politiques dites « de gauche » et rechercher une certaine égalité, l’hostilité au marché n’y occupe pas le caractère d’évidence qu’il peut revêtir ici.
C’est pourquoi il existe un « libéralisme de gauche » en Grande-Bretagne et aux États-Unis notamment, à la fois égalitariste (notamment sur le plan fiscal) et favorable à la concurrence. Le libre-marché et la concurrence y sont considérés, depuis la moitié du XIXème siècle, comme des garde-fous contre  « l’égoïsme » de l’aristocratie foncière et les marchés protégés. Ce qui n’empêche pas des interventions dites correctrices, pour tenter en particulier de diminuer les inégalités.

LE « LIBÉRALISME DE GAUCHE »

On comprend bien, de fait, que l’auteur tente de promouvoir, à travers son ouvrage, l’émergence d’un libéralisme dit « de gauche » (l’ouvrage date de mars 2017, donc avant l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir).
Et il émet l’idée qu’avec ses combats d’arrière-garde, la France s’interdit de peser dans les débats européens « plus importants », comme « l’harmonisation fiscale et la coordination des politiques économiques » (point qu’on n’est pas obligé d’approuver, mais qui permet en tous les cas de bien saisir de quelles idées se réclament ceux qui s’affirment comme étant des tenants du « libéralisme de gauche »).

Certes, les fidèles lecteurs de Contrepoints objecteront que le libéralisme n’est pas de droite ou de gauche et est incompatible par essence avec les visées interventionnistes telles que les souhaite David Spector.
L’auteur se montre, par ailleurs, très dur à l’égard de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, accusés purement et simplement d’avoir « mené une véritable guerre aux pauvres ». Une affirmation pleine d’excès et extrêmement caricaturale, en début d’ouvrage, qui a failli m’en faire abandonner la lecture. Lui-même ne dénonce-t-il pas, au fil de son livre, des positions parfaitement excessives et infondées, à l’image d’un Louis Blanc, dont il dit qu’il qualifiait la concurrence de « système d’extermination du peuple » ?
De fait, la définition du libéralisme telle que semble l’entendre David Spector se limiterait à l’aptitude à être favorable au libre-échange, à la concurrence et au marché. Et le libéralisme de gauche consisterait à prévoir des interventions pour en corriger les limites ou les excès, dès lors qu’elles apparaissent nécessaires, par le recours à une action étatique de « pilotage macroéconomique » et de redistribution des revenus, censée « concilier progrès social et efficacité ».
Des positions que j’aurais, personnellement, plutôt jugées d’inspiration keynésienne, mais je me trompe sans doute… (ou peut-être John Maynard Keynes lui-même était-il ce que l’on appelle un « libéral de gauche »). David Spector semble d’ailleurs se réclamer d’économistes comme Paul Krugman, qualifié de véritable « conscience de la gauche américaine ».

UN PASSIONNANT OUVRAGE D’HISTOIRE ÉCONOMIQUE

Mais, même si la position caricaturale, intolérante et sans nuance à l’égard de Ronald Reagan et Margaret Thatcher m’a profondément gêné, de la part d’un auteur qui me paraissait pourtant à première vue rigoureux et nuancé, l’ouvrage m’a paru malgré tout très intéressant du point de vue de l’histoire des idées économiques et de la remise an cause des idées parfois très primaires, tant à droite qu’à gauche, dans notre pays, allant à l’encontre du marché, de la concurrence et du libre-échange.
C’est ainsi que, dans une narration véritablement passionnante, l’auteur commence par nous présenter, dans une première partie consacrée à l’économie politique dans le monde anglophone, le contexte du renforcement des Corn laws en Angleterre en 1815, à la fin des guerres napoléoniennes, jusqu’à leur abolition en 1846. C’est à cette époque qu’émergent les théories de David Ricardo, ou encore de James et John Stuart Mill au sujet du commerce international, puis les actions de la Anti-Corn Law League menée par Richard Cobden et John Bright.
David Spector rend ainsi, au passage, justice aux libéraux (y compris ceux qu’il exècre) lorsqu’il écrit :
Dès son origine, la pensée économique libérale distingue la défense du marché de l’apologie de l’entrepreneur ; ou, pour reprendre la distinction de Rajan et Zingales, la défense du capitalisme et celle des capitalistes.
Tout à fait en ligne avec ce que de nombreux articles montrent, ici, lorsqu’il s’agit de dénoncer un « État de connivence » contre lequel les libéraux (et pas seulement de gauche) s’inscrivent en faux.
Pour le reste, David Spector dresse surtout l’éloge de John Stuart Mill, véritable fondateur, selon lui, d’un courant libéral de gauche à la fois favorable à la concurrence et au marché, mais aussi à une action publique visant la réduction des inégalités. Une réponse argumentée aux premiers socialistes, opposés au marché et aux économistes, accusés d’être les ennemis des pauvres.
Dès le début, on voit poindre le rôle de l’aristocratie foncière, dont on comprend clairement l’intérêt à défendre des positions protectionnistes. Ce qui amènera le mouvement ouvrier à évoluer dans les siennes, sous l’influence d’une gauche finalement ralliée au libre-échange en 1900 et de la théorie de la rente de Ricardo, qui rencontre un fort écho en Grande-Bretagne comme aux Etats-Unis.
La révolution marginaliste et la vive influence de la synthèse d’Alfred Marshall à travers ses Principes d’économie politique vont marquer durablement les esprits, débouchant sur une nouvelle théorie de la valeur, une nouvelle analyse de la concurrence et de nouvelles analyses de l’incidence fiscale.
Mais c’est surtout ensuite les travaux d’Edgeworth et plus encore de Pigou qui vont inspirer le libéralisme de gauche décrit par David Spector, à travers l’action publique appuyée sur les signaux de marché, en particulier l’analyse en termes d’externalités (positives et négatives), loin des controverses politiques.

LIBRE-ÉCHANGE ET PROTECTIONNISME

Dans une deuxième partie intitulée « les enjeux politiques de la loi de l’offre et de la demande en France », David Spector s’intéresse en particulier à l’ambiguïté de la gauche face au libre-échange.
L’occasion de retracer l’histoire de l’émergence de la culture protectionniste en France et de mieux percevoir les raisons qui ont abouti, très tôt, dès la moitié du XIXème siècle, à ce que la France soit plutôt protectionniste et la Grande-Bretagne plutôt libre-échangiste.
Les socialistes, initialement libre-échangistes, évoluent en effet vers le protectionnisme jusqu’à s’accorder dans les années 1840 avec les industriels et les propriétaires fonciers menacés par les producteurs étrangers, au nom d’une hostilité générale au principe de la concurrence.
Et on comprend bien comment, non seulement cette différence d’approche entre Français et Britanniques est liée à la différence de structure de l’Économie (grand nombre de petits paysans propriétaires en France, notamment, contre grand nombre d’ouvriers hostiles au protectionnisme agricole qui risque de renchérir le pain, en Grande-Bretagne), mais aussi aux idées (alors que le protectionnisme était plutôt du côté de la droite traditionnellement).
La gauche française oscille entre l’opposition au protectionnisme au nom des intérêts des plus pauvres, et l’idée qu’il existe une affinité intellectuelle entre protectionnisme et socialisme, fondée sur le refus du laisser-faire et la demande d’une intervention de l’Etat dans la vie économique.
Et c’et justement sur ce point que les choses deviennent très politiques. Les contradictions permanentes d’un Jean Jaurès, parfaitement bien mises en évidences par la narration, permettent de mieux comprendre comment les socialistes penchent finalement clairement en faveur du protectionnisme, pour d’évidentes raisons purement politiques.
Là où la droite, à l’image d’un Adolphe Thiers hostile tout autant  aux socialistes qu’ aux raisonnements « abstraits » des économistes, se montre constant dans la défense du protectionnisme, à l’instar d’un patronat conservateur, qui éprouve moins de complexes à assumer des positions opportunistes mues par ses seuls intérêts, ou encore la gauche radicale qui est, par essence, résolument contre la concurrence, l’économie politique et le libre-échange.
Pour beaucoup de socialistes, la critique de l’ordre social paraît incompatible avec la défense du libre-échange : comment un socialiste pourrait-il refuser l’ingérence de l’État dans les échanges internationaux s’il réclame son intervention pour corriger les injustices nées du libre jeu du marché ? Ce contraste est à l’opposé de celui qui structure les discours à droite, où on justifie le libre-échange par des principes généraux, et la protection par une démarche pragmatique, méfiante à l’égard des raisonnements abstraits.
Seuls, en fin de compte, ou quasiment, des économistes tels que Yves GuyotLéon Say, le banquier Édouard Aynard, ou encore le directeur du Journal des économistesGustave de Molinari, se posent en ardents défenseurs du libre-échange, à la Chambre des députés et dans la presse. Mais ces auteurs ne trouvent nullement grâce aux yeux de David Spector, pas plus que Paul Leroy-Beaulieu un peu plus loin d’ailleurs, puisque celui-ci les traite purement et simplement d’extrémistes et de caricaturaux, allant jusqu’à leur reprocher d’avoir induit, par réaction, une affinité profonde entre protectionnisme et socialisme.

David Spector
David Spector

Il leur préfère, de loin, l’alliance des libéraux et socialistes en Grande-Bretagne, par exemple sous le gouvernement d’un Lloyd George, où les concessions des uns et des autres aboutissent à la fois au libre-échange et aux réformes sociales.
Arrivé à 1900, on peut dire que le libre-échange l’a durablement emporté en Grande-Bretagne, tandis que la gauche française est clairement la moins libre-échangiste d’Europe et que la Troisième République verse de plus en plus dans le protectionnisme (à rebours de Napoléon III, qui avait signé en 1860 un traité de libre-échange avec la Grande-Bretagne). Ce qui aura des conséquences sur la modernisation qui, selon les dires du Général de Gaulle lui-même, a pris ce faisant un retard préoccupant, l’Économie française évoluant peu, à l’abri de la protection.

LE REJET FRANÇAIS DE L’HOMO OECONOMICUS

David Spector montre ensuite comment, en France spécifiquement, le rejet du marché et de l’Homo oeconomicus sont forts. De la part aussi bien des protectionnistes, libéraux (concept d’homo oeconomicus, mais bien sûr pas marché), sociologues (Auguste ComteEmile Durkheim, plus tard Pierre Bourdieu) et juristes proches de l’école historique allemande (dont les idées s’imposent à l’Université dès lors que l’enseignement économique devient obligatoire dans les facultés de droit en 1877), que des solidaristes de centre gauche, à l’image d’Alfred Fouillée, hostiles à la concurrence.
David Spector défend, à l’inverse, une nouvelle fois l’approche « libérale de gauche (…) nourrie par l’analyse économique, qui privilégie une action publique reposant sur le signal-prix susceptible d’influencer les comportements, plutôt que sur un contrôle direct ». Et il étripe en passant, de nouveau, les raisonnements de ceux qu’il se complait à appeler les « ultra-libéraux », à qui il dénie le caractère scientifique de l’approche, préférant les qualifier de simples « militants », leur reprochant en particulier leur méfiance à l’égard de la modélisation mathématique « parce qu’elle impose une rigueur logique qui force à nuancer les affirmations péremptoires dont ils sont coutumiers ».
Ceux qui trouvent grâce à ses yeux sont plutôt Jules Dupuit, en tant que précurseur du marginalismeAugustin Cournot, dont les raisonnements préfigurent la future théorie des jeux, et surtout Léon Walras, le génial concepteur de la théorie de l’équilibre général.
David Spector s’appuie ensuite sur l’exemple de la loi ALUR de 2014 relative à l’encadrement des loyers en France (ou loi Duflot) pour montrer l’incidence que peut avoir l’interventionnisme socialiste hostile au marché et à la loi de l’offre et de la demande en matière de logement.
Si la démonstration sur les effets pervers entraînés, appuyée qui plus est sur les expériences concrètes de New York et du Massachussetts,  est convaincante (effet de rationnement, hausse des durées de location et paralysie du marché, inadéquation accrue entre le logement désiré et celui loué, baisse de la qualité des logements en raison de leur moindre entretien, report d’une partie de la demande vers les logements non régulés dont les loyers augmentent, risque de montée des discriminations, etc.), l’auteur énumère ensuite une série de mesures dans l’esprit du libéralisme de gauche qui ont pu servir d’inspiration, depuis, au gouvernement Philippe : taxation de la richesse foncière, stimulation de l’offre, remise en cause partielle des aides au logement.
Sur ce dernier point, se livrant à une analyse marshallienne, David Spector montre ce qu’Emmanuel Macron et le gouvernement Philippe mettent en avant à juste titre : que dans une situation d’offre inélastique, liée aux limites physiques et réglementaires de l’augmentation de l’offre de logements sociaux, les aides bénéficient de manière indirecte aux propriétaires, en faisant augmenter les loyers (« les aides diminuent le coût réel du logement pour les locataires, ce qui augmente leur demande. Si l’offre ne peut pas augmenter, le déséquilibre induit ne peut être résorbé que par une augmentation des loyers qui ramène la demande à son niveau initial »). Affirmation confirmée par des études empiriques portant sur la période 1973-2002 et après, confirmée par des observations dans d’autres pays qui ont connu ce type de dispositif.

LA CONCURRENCE EST-ELLE DE GAUCHE OU DE DROITE ?

Tel est le titre de la dernière partie du livre. David Spector commence par y revenir sur le droit de la concurrence, en remontant aux premières lois anti-trusts aux États-Unis, suite aux grands mouvements d’ententes et de concentrations au moment de l’essor industriel qui a suivi la guerre de Sécession, qui ont abouti entre autres au démantèlement d’un grand groupe comme la Standard Oil. Lois qui ont été assouplies dans les années Reagan et Bush, sous l’influence des critiques d’universitaires et juges de Chicago (Richard Posner et Robert Bork), déplorant la tendance excessive de la jurisprudence à attribuer trop systématiquement aux grandes entreprises des stratégies d’éviction des concurrents, sans en examiner suffisamment les fondements.
Avant que de nouvelles réflexions fondées sur la théorie des jeux et les asymétries d’information ne viennent transformer de nouveau le droit de la concurrence, devenu plus complexe, justifiant une politique de concurrence « active ».
Mais l’auteur montre surtout que l’analyse économique seule n’entre pas en jeu. L’influence politique y est non négligeable, le droit de la concurrence étant plus dur sous les mandats démocrates, jugés plus « progressistes » en la matière, que républicains, accusés parfois de laxisme par leurs opposants.
Il n’en reste pas moins, et l’auteur le montre à travers l’évolution des théories économiques et des études empiriques qui le valident, que la concurrence est un facteur essentiel d’accroissement de la productivité, de stimulation de l’innovation (via notamment la destruction créatrice) et d’efficacité économique.
Suivent des pages passionnantes sur les grands débats qui ont agrémenté le XIXème siècle, puis leur évolution dans le temps jusqu’à aujourd’hui, études empiriques à l’appui : le dilemme des socialistes au sujet de l’antinomie de la concurrence, les tentatives de réponses par la rationalisation et la régularisation (économies d’échelle, concentrations, …), l’opposition entre bonnes et mauvaises ententes, le débat sur les cartels, le rôle positif ou négatif de l’intervention de l’État, les monopoles naturels, les positions avisées d’Alfred Marshall contre les clichés de la concurrence impossible, les fausses croyances des protectionnistes quant aux effets de la concurrence qui augmenterait les inégalités (fausses lorsqu’on considère les effets en termes d’équilibre général).
Autant de questions passionnantes que je n’évoquerai pas en détail ici, de manière à ne pas allonger encore la longueur de cet article (mais qui doivent encourager à lire le livre).
Pour ce qui concerne le cas de la France, après l’abolition des corporations (Turgot dans un premier temps en 1774, puis le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier en 1791), ce sont les comptoirs (surtout à partir de la dépression qui commence en 1873), qui constituent les nouvelles formes d’entente (et les consortiums durant la Première guerre mondiale). Les socialistes et radicaux oscillent alors entre combat contre les ententes et buts révolutionnaires (la concentration, qui doit mener progressivement au monopole, puis à la nationalisation).
Les économistes libéraux, en revanche, présentent une certaine singularité, nous dit l’auteur, l’État étant selon eux la source de tous les maux et les mesures contre les ententes n’étant ni nécessaires, ni efficaces à leurs yeux.
Mais peu à peu se profile la fin du délit de coalition, sous prétexte de rationalisation de la production, par le jeu des intérêts communs, même si opposés, entre patronat et certains radicaux de gauche. Paradoxalement, à part certains centristes de gauche, minoritaires, ce sont les communistes qui s’opposent le plus à ces ententes, bien que pourtant opposés au principe de la concurrence.
Partout, États-Unis, France, Allemagne, et même en partie Grande-Bretagne avec l’arrivée de la crise et de la déflation (Keynes lui-même se prononce alors en faveur des cartels, même si sa position est minoritaire chez les universitaires et qu’il évoluera sur cette question par la suite), les années 1920 constituent l’heure de gloire des ententes.
Finalement, passé le choc des années 1920 et la perte de confiance en les mécanismes de marché, ce sont trois approches nationales différentes qui vont prévaloir au niveau de la politique européenne, les positions des uns et des autres évoluant parfois de manière assez radicale.
Et après la Seconde Guerre mondiale, on assiste au retour en grâce de la concurrence, sous l’influence à la fois des États-Unis et en lien avec l’intégration économique de l’Europe.Même si la France demeure plus antilibérale que l’Allemagne et la Grande-Bretagne.
Cette dernière, après la parenthèse des années 1970 puis les années Thatcher, trouvera en Tony Blair et le courant socialiste libéral le continuateur de la tradition qui va de Mill, puis Marshall et Clark aux idées néo-classiques et Keynes, Hicks ou Meade.
Quant à l’Allemagne, en particulier après l’épisode nazi et la collusion avec les cartels, elle tourne la page en s’en remettant aux idées de l’ordolibéralisme, favorable à l’entreprise privée et à l’intervention de l’État pour garantir le bon fonctionnement de la concurrence, auquel adhèrent y compris les sociaux-démocrates, qui se distinguent ainsi du libéralisme de gauche anglo-américain sur les questions macroéconomiques et des prescriptions keynésiennes, la relance monétaire nazie leur ayant laissé un mauvais souvenir, lui préférant désormais la règle de l’équilibre budgétaire et de la stabilité des prix.
Reste la France, dont on connaît le programme dirigiste d’après-guerre, à travers les nationalisations, le contrôle des prix, le rôle central de l’État, le Plan, le contrôle de l’activité des banques. Un tournant libéral a toutefois lieu en 1948, permettant tout au moins d’atténuer les effets désastreux de la politique engagée. Et les politiques publiques, qui demeurent, sont davantage tournées vers l’expansion.
Ce n’est, finalement, qu’à l’instauration du Marché Commun que l’on doit la véritable entrée de l’économie française dans un régime concurrentiel, en particulier lors de l’entrée en vigueur du plan Pinay-Rueff.
Mais la libéralisation de l’économie française prendra beaucoup de temps, malgré l’ensemble des rapports à la suite de celui d’Armand-Rueff, restés la plupart du temps sans effet à court-terme, comme on le sait, face aux nombreuses embuches et à une hostilité particulière au marché et à la concurrence dans notre pays, dont David Spector nous rappelle la teneur de manière assez détaillée, tout en montrant comment les gouvernements français successifs se singularisent dans les instances européennes en manifestant des positions peu favorables aux mécanismes de marché, les capitaines d’industrie n’étant pas les derniers à encourager les politiques à aller en ce sens, retardant constamment l’ouverture à la concurrence dans la plupart des secteurs (PAC, marché de l’électricité, transport ferroviaire, etc.), nuisant ainsi à l’efficacité économique et entraînant derrière eux un certain nombre d’autres pays.

UN ANTILIBÉRALISME CONSTERNANT

Un ouvrage passionnant, donc, malgré les petites réserves dont j’ai pu faire état et qui met particulièrement bien en lumière cette spécificité française de l’aversion aux mécanismes de marché qui, hélas, dure. Au grand dépit de David Spector, qui conclut :
De fait, on est parfois saisi de vertige devant la similarité de certains discours déployés contre la concurrence ou « les économistes » à la fin du XIXème siècle et aujourd’hui, ou par la répétition de certaines configurations politiques – en particulier celle qui voit converger un antilibéralisme d’idées, à gauche, et un antilibéralisme d’intérêts, à droite.